Conseil destination / itinéraire pour 10 jours ski pulka

Je vous expliquais que je partais dans une optique « lowtech » et que je reviendrai vous faire un RETEX.
Nous sommes partis 10 jours/9 nuits. J’avais loué un Garmin GPSMap 66i avec fonction « inReach » SOS et comm satellite. J’ai chargé la trace GPX de mon projet la veille du départ sur l’appareil loué.

Bilan factuel:

  1. je n’ai pas allumé une seule fois le GPS.
  2. la météo a été très variée: du ciel parfaitement dégagé au brouillard givrant, jour blanc avec neige sans visibilité. La température de journée entre -18°C et 0°C.
  3. Nous avons suivi des itinéraires variés: de balisé (pas longtemps) à bien marqué/emprunté mais aussi des itinéraires totalement vierges (pas longtemps). Et aussi des itinéraires dans une zone assez reculée et très peu empruntée, principalement par des éleveurs de rennes en motoneiges.
  4. Je me susi servi à 2 reprises de mon téléphone et de l’appli de carto finlandaise que j’y avais installée. Je me susi connecté 2 fois au réseau 4G pour récupérer des bulletins météo. Ayant eu un problème de rechargement de la batterie de mon appareil photo numérique à la moitié du séjour, j’ai fait des photos dans la seconde partie avec mon téléphone. Je l’avais configuré en mode économie de batterie (et avait "tué toutes les applis hors carto).
  5. Je n’ai rechargé mon téléphone avec l’une de mes 2 powerbanks que le dernier soir, « pour assurer ».

Mon ressenti, ce que j’ai appris.

  1. mon intuition que l’approche « lowtech » serait un élément important de l’expérience était juste. J’ai énormément apprécié la déconnexion et la quasi-éradication des soucis et contingences liées à l’électronique.
  2. la pratique du déplacement à la carte/boussole permet une immersion dans le terrain /paysage à nulle autre pareille. On se met en état permanent d’attention. Ça n’était pas une pression car nous suivions la plupart du temps des traces (encore faut-l que ce soit la bonne).
  3. le fait de ne pas suivre une trace préparée à l’avance est un gros plus.
    a) parce qu’une trace préparée sur carte utilise les sentiers d’été qui ne sont pas nécessairement suivis par le premier à « faire la trace » et que les autres suivent ensuite.
    b) parce que la parfaite conscience d’où on se trouve, de la topographie et la constant aller/retour entre ce qu’on lit sur la carte et ce qu’on observe permet de repérer des options intéressantes opportunistes alors que quand on a une trace, on s’y accroche, pas toujours pour le mieux (pour la raison en a) )
    c) parce qu’il est fréquent que nous suivions des cours d’eau et que leur emplacement, leur praticabilité est variable entre années et au cours de la saison (avec variations rapides lors de changements météo). Idem pour les lacs/étangs.
  4. Evidemment, même en navigant exclusivement à la carte, le fait d’avoir un GPS est tranquilisant. J’ai d’ailleurs sorti 2 fois l’appli carto pour me rassurer, même si ça ne m’a rien apporté d’utile dans les situations où j’étais. Cela m’a même plus gêné une fois car j’avais la trace et nous n’étions pas dessus. J’ai failli prendre une mauvaise décision de revenir vers la trace alors que ma lecture du terrain et des traces m’indiquaient de ne pas le faire.
  5. l’orientation carte/boussole efficace et sûre ne s’invente pas. Il faut pratiquer. Je sais m’orienter depuis mon enfance (j’ai plus de 60 ans) et je me suis rendu compte que sans pratique, les petites erreurs (dans la rigueur de l’application de la método) reviennent plus vite et souvent après un temps sans pratique. Donc je suis persuadé que les personnes qui se disent « savoir utiliser une carte/boussole » mais utilisent désormais dans les faits exclusivement le GPS, placés dans une situation de matériel électronique inopérant et des conditions de météo/terrain difficiles, seraient vite stressées et perdraient leurs capacités à bien s’orienter. Après cette randonnée itinérante, je pense que mon approche me semble la plus sécurisante. Pour moi, c’est 1) la carte et 2) l’électronique.
  6. la solution sur téléphone mobile comme complément d ela carte est à mon avis très bonne si on prend les précautions pour le mobile (et on en a a en général 1 par personne donc il y a une redondance). Sur SP, je conseille l’utilisation d’une appli finlandaise: elles utilisent la carto de l’IGN local, beaucoup plus précise. Sur ce terrain, les détails qu’on y trouvent peuvent jouer un rôle important, voire très important. Evidemment, si vous utilisez votre téléphone pour « suivre le point bleu » (comme le dit Régis dans son excellent podcast) sur une trace préenregistrée à suivre , tout peut suffire. Nous avons croisé 2 trentenaires français qui n’avaient que leurs téléphones respectifs avec une trace et une application qui affichait à peine les courbes de niveaux; ils ne voyaient pas l’intérêt d’avoir autre chose).
  7. concernant les powerbanks, j’aurais dû suivre mon feeling et me contenter de celle que je possède, en veillant à la protéger du froid et de l’humidité. J’en ai acheté 2 aures (meilleures et plus légères. Je n’ai pas suivi les conseils (20000 mah) jusqu’au bout et me suis contenté de 10000 + 6000 mah et je n’en ai utilisé quasiment rien. Les autres personnes que nous avons rencontrées revenaient toutes avec des powerbank très pleines, ce qui me fait dire que nous consommons (achetons) pour nous rassurer au lieu de faire de réels discernements sur nos pratiques et nos besoins. Si quelqu’un me demandais mon avis, pour une navigation avec GPS/SmartPhone, je dirais de partir avec 2 petites batteries légères (pour la redondance) en faisant attention à la consommation (même si on utilise plus le GPS que moi: le GPS que je n’ai pas allumé tient plusieurs jours en mode expédition, donc même si je l’avais utilisé les jours où il y en aurait eu besoin, il aurait tenu les 10 jours sans recharge, j’en suis certain).

DISCLAIMER. Cet avis résulte de l’expérience que j’ai vécue pendant 10 j dans le parc Urho Kekkonen. Je ne prétends pas qu’il soit valable pour qui que ce soit d’autre, ailleurs et je ne donne aucun conseil à personne. Mon seul objectif est d’alimenter la réflexion d’autres personnes qui se poseraient ce genre de questions.